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Hommage à Pininfarina

L I V E
Bonnes adresses

Texte: Jacky FAVRE - Photos: Christelle SOMMEREISEN - Jacky FAVRE

Maintenant que je vous ai présenté Maranello, Le Museo Ferrari et le Museo Casa Enzo Ferrari, je vais pouvoir attaquer la principale raison de mon voyage en Italie: L'exposition Les Grandes Ferrari de Pininfarina.

Les expositions temporaires ont pour but de faire vivre le musée afin de voir des véhicules différents à chaque venue, ou simplement faire (re)venir les tifosis. Evidemment toutes méritent le déplacement, mais il faut faire des choix, et savoir décliner. Mais dès l'annonce des modèles présentés pour cet hommage à trois générations de Farina, j'ai craqué. Beaucoup de modèles que je n'ai jamais vu et que je désirais voir. Notamment les concepts-car, exercices de style habituels entre Ferrari et le carrossier de Turin. Sans présenter trop de modèles, cette exposition est suffisament riche pour être divisée en plusieurs catégories.

La première s'intitule Pininfarina et les voitures de course. Dans le hall Compétition à la décoration spécifique, nous trouvons six véhicules qui retracent l'histoire de la Marque en compétition (hors Formule 1) sur des épreuves mythiques.

La première Ferrari est la 250 MM de 1953 ( j'ai choisi de vous présenter les modèles chronologiquement). Son nom fait référence aux Mille Miglia. Esthétiquement, sa carrosserie en fait une GT avec une architecture fermée.

A l'inverse, cette 375 MM également de 1953 semble dépouillée au maximum pour obtenir un poids réduit, et un centre de gravité le plus bas possible. Elle a participé entre autre à la Panamericana dont elle porte aujourd'hui la décoration.

Dans une livrée inhabituelle mais pourtant très belle, cette Ferrari 500 Mondial Berlinetta de 1954 ressemble à la 250MM en vue arrière. La face avant semble plus proche d'une SWB. J'ai beaucoup apprécié le travail de rivetage de la carrosserie ainsi que la plaque de l'épreuve, transformée pour l'occasion en saute vent. La peinture écaillée laisse penser à un état d'époque, mais la brillance me fait croire l'inverse. Les bulles de phares me poussent à dire que cette Mondial sort de restauration. Cela ne l'empêche pas,bien sûr, d'être magnifique.

Voici cette fois une 250 GT Berlinetta SWB de 1959. Egalement une des plus belles ligne de l'artiste Pininfarina.

1963, parallèlement à la GTO de Scaglietti, Pininfarina nous offre la 250 LM, acronyme de Le Mans dont elle vise la plus haute marche du podium. Une ligne aérodynamique, galbée mais qui impressionne. Cet exemplaire a été vu à la Villa d'Este, je ne me suis donc pas trop arrêté dessus.

Changement d'époque, 15ans plus tard (1978) sort la 512 BB LM et son fameux flat 12. La ligne de la BB originale s'est allongée et abaissée pour toujours plus d'efficacité, mais le plus suprenant dans cette voiture est sans doute son bruit. Bien sûr, ce n'est pas à la Galleria que l'on peut s'en rendre compte.

Seulement 6 voitures et pourtant déjà une belle page d'histoire de Ferrari derrière nous. Passons maintenant à la deuxième partie de l'exposition qui se consacre aux concepts-car. Ces pièces n'ont pas d'intérêt pour certaines personnes car ne sont que le résultat d'étude ou de folie de designers, mais un concept a toujours une fonction: celle d'innover. La première à le prouver est la P6 avec son aérodynamique travaillée pour obtenir une fluidité de la ligne exemplaire. Autre détail que l'on retrouve depuis peu sur les voitures, une peinture blanc nacré. Cette voiture a été présenté en 1968 au salon de Turin. Son nom fait référence aux fabuleuses P3 et P4.

La Sigma Grand-Prix présentée en 1969 donnait une idée de la Formule 1 de demain. Nous n'en sommes jamais arrivés là.

Voici l'une des Ferrari que j'ai toujours voulu voir, non pas pour sa beauté discutable, mais pour me rendre compte en vrai de l'engin. En effet, le Modulo nous donne en 1970 une vision d'avenir de la Ferrari. Encore une fois, on note la simplicité du dessin de base avec des détails plus travaillés. Je n'ai pu la voir ouverte, mais il faut savoir que le parebrise bascule en avant pour accéder à l'habitacle, lui aussi futuriste. Les phares basculants, les roues masquées, la trappe à essence dissimulée en font un véhicule abouti. Idéalement présenté devant son master en bois qui servait à l'époque à former la carrosserie au marteau.

Une autre idée de Pininfarina, la Ferrari à quatre portes: La Pinin. Là encore, ce n'est pas son style qui va m'attirer. Pour être honnête, je ne l'aimais pas en photo, je ne l'aime toujours pas en vrai. Nous sommes en 1980 et malgré des pures réussites à l'époque on sent la dérive vers les 400 ou les Mondial.

Le dernier concept est celui qui m'a vraiment convaincu de venir. Présentée en 1989, je n'avais encore jamais eu la chance de voir la Mythos. Pour moi cette voiture est la pure définition de la voiture plaisir. Sur une base de Testarossa nous avons au final une voiture qui, à part ses voies larges à l'arrière, s'oppose complètement à la Testarossa. Cette voiture ne fait pas son âge, et à part la Rossa, aucun concept ne me fait autant rêver. Dommage qu'elle soit dans un emplacement ne permettant pas de l'apprécier suffisament (pas de recul avec l'arrière).

Et pour finir, la partie Pininfarina et les GT nous offre un panorama de 1958 à 2010.

La Ferrari 250 GT Coupé de 1958.

La superbe 275GTB4 de 1966 dans sa plus belle robe.

L'unique Ferrari 330 GTC Speciale de 1967.

Une classique 206 GT de 1967 également. La couleur est juste superbe.

Fraîchement restaurée, cette 365 GTS4 Daytona Spider de 1969 offre une configuration originale. La sellerie qui porte aujourd'hui son nom représente un travail de très haute qualité.

Voici une 512BB particulière puisqu'il s'agit du prototype de 1971. Le dessin est globalement fini, mais quelques détails seront modifiés. Heureusement la sellerie aussi, afin de recevoir du cuir.

On ne présente plus la Testarossa de 1984

La 456 GT M en boite mécanique est une rareté de la nature. Pourtant la boite automatique disponible à l'époque n'était pas des meilleures.

Celle-là aussi je l'attendais depuis bien longtemps. En 2000, Giovanni Agnelli demande à Pininfarina une voiture unique à offrir à Luca Di Montezemolo pour son mariage. Ce sera cette 360 Barchetta. Initialement avec un saute vent droit, il a été remplacé par ce parebrise aux courbes uniques. La sellerie est en tissu épais et un double liseré fait le tour de la voiture.

Dans le même esprit mais sur une base de 550 Maranello, voici la 550 Barchetta, limitée à 448 exemplaires. Certains détails de cette voiture me laissent penser qu'il s'agit d'un proto.

Et pour finir nous retrouvons la maquette de la SA Aperta présentée à Paris en 2010.

Une exposition variée qui rend un bel hommage à la collaboration Ferrari-Pininfarina.

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