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Supercars Ferrari

L I V E
Bonnes adresses

Texte: Jacky FAVRE - Photos: Christelle SOMMEREISEN - Jacky FAVRE

Bien que vous ayez pu constater que mon voyage à Maranello en Septembre 2013 a été plus que bénéfique dans ce reportage, il ne faut pas oublier pour autant qu'il a été organisé dans le but de voir l'exposition Supercars Ferrari au Museo Ferrari.

Comme nous avons pu le découvrir lors de notre dernière venue, le Museo est en pleine métamorphose. Il fait peau neuve depuis qu'il a perdu le nom Galleria. Mais il s'est en plus agrandi d'une salle que je vous invite tout de suite à découvrir avec une exposition originale et que j'ai personnellement beaucoup apprécié: Les mulets de développement, accompagnés des démonstrateurs roulants de la Marque.

Commençons de suite par la F355 World Tour qui a fait le tour du monde en 1997 aux mains de plus d'une centaine de journalistes du monde entier.

Il faudra attendre 8ans de plus pour voir un nouvel évènement marketing destiné à s'attaquer au marché Chinois. C'est la 612 Scaglietti, ou plutôt deux 612 China Tour qui traverseront le pays en parcourant plus de 20 000km et en atteignant des sommets (au tibet notamment, dépassant 5 200m d'altitude). Mise à part une garde au sol réhaussée et des protections de phares, la voiture est d'origine.

En 2006, changement de continent puisque cette fois deux 599GTB Fiorano parcourront plus de 30 000km sur les routes de la Panamericana pour rejoindre New-York.

Et enfin, en 2008 à nouveau deux Scaglietti pour le 612 Indian Tour parcourant 13 000km au coeur de l'Inde pour promouvoir la Marque dans ce marché émergent.

Les autres véhicules présents dans cette nouvelle salle sont donc des véhicules à l'allure plus ou moins surprenante. Ces véhicules de développement sont d'habitude gardés secrètement au fond d'un hangar. Mais ils sont pourtant très intéressants car ils reflètent la recherche de Ferrari pour ses futurs véhicules, et les moyens de le faire discrètement. En effet, aujourd'hui il devient très dur de se protéger des photographes qui sont à l'affût du moindre prototype autour de l'usine, comme nous l'avons fait en 2012.

Commençons par la 599 HY-KERS que nous avons déjà vu à Genève en 2010, mais cette fois affublée de deux grosses narines sur le capot. Voici ce que nous explique Ferrari à propos de ce modèle: "Après avoir été présenté au Mondial de l’automobile, ce véhicule a été utilisé dans un développement expérimental pour tester la machine électrique principale (moteur électrique) associée à une transmission à double embrayage. Par rapport à la carrosserie originale de la 599 GTB Fiorano, le capot du compartiment moteur a été modifié pour refléter les changements qui ont dû être apportés au système de refroidissement pour le système Hy-Kers. Ce système a été conçu pour s’adapter à tous les véhicules, que le moteur soit monté à l’avant ou à l’arrière."

Le second véhicule pourrait ressembler à une simple 360 Modena Spider, mais pourtant il s'agit d'un mulet de développement de châssis "Dual-Frame". "Ce modèle basé sur une F360 a été doté du compartiment passager de la F50 monté sur des blocs élastiques. L’objectif était de combiner un moteur porteur avec un châssis super rigide et un compartiment passager isolé des bruits et vibrations. Le projet a été abandonné, car les résultats n’étaient pas à la hauteur des attentes. L’expérience a été menée sur deux prototypes, dont un équipé d’un V12, entre 2000 et 2005, avec de nombreux tests sur des itinéraires longs."

La suivante est pratiquement une voiture de série visuellement sauf... les deux grosses bosses sur le capot. Certains journalistes avaient à l'époque, annoncé le retour aux turbos, mais il s'agit en fait d'un développement de suspensions. "Le châssis de cette 612 Scaglietti a été conçu et construit pour accueillir la nouvelle suspension de la gamme Ferrari actuelle. La présence de bosses au niveau du capot est due à la nécessité de repositionner les boîtiers de filtre d’admission du moteur pour accueillir les fixations des amortisseurs avant requises par la nouvelle géométrie de la suspension. Aujourd’hui, toute la gamme Ferrari utilise un système qui a été expérimenté sur différents circuits, notamment sur la piste classique du Nürburgring."

Le prototype suivant s'appelle F140 M1. C'est un mulet moteur."Ce modèle est basé sur un châssis de 348 avec un empattement allongé de 13 cm pour accueillir le V8 de la 360 et une boîte de vitesses longitudinale en lieu et place de la boîte transversale de la 348. Le même châssis allongé a été utilisé pour le premier essai sur un banc à rouleaux du moteur V12 de l’Enzo. Il a été dernièrement utilisé pour les essais réalisés sur le V8 produit récemment. Les panneaux arrière de la carrosserie sont dotés de fixations rapides pour faciliter l’accès aux composants mécaniques."

Enfin, le plus récent, puisque vu en 2012 sur route: un mulet de la F150, LaFerrari. Celui-ci (appelé M8) ressemble plus a une 458 Italia rallongée et recouverte de plastique noir. "Ce modèle compte parmi les prototypes de développement de groupe motopropulseur hybride utilisés pour créer LaFerrari. Basé sur la F458 spécialement modifiée, le groupe motopropulseur V12 HY-Kers a été installé avec deux machines électriques à batterie haute tension, des composants électroniques de puissance et de commande et des systèmes de refroidissement. L’empattement de 2 650 mm est identique à celui de LaFerrari. Le modèle final a été obtenu après modification de tout l’arrière (châssis, réservoir à carburant et systèmes de refroidissement) sans toucher au volume de la carrosserie. Le camouflage, délibérément disgracieux et manifestement inachevé, a permis de garder secrets les travaux effectués et le modèle concerné. Fernando Alonso a participé à tous les essais de LaFerrari."

Passons au thème suivant dans la salle "cinéma" qui rendait hommage à Steve McQueen. D'abord avec cette 512 M de 1970 qui apparaît dans le film "Le Mans".

Puis cette sublime 275 GTB/4. Steve McQueen avait acheté cette voiture pendant le tournage du film « Bullit » en 1968. Elle a depuis été restaurée par Ferrari Classiche.

Attaquons le vif du sujet avec la fameuse exposition "Ferrari Supercars". Dès l'entrée nous sommes accueillis par cette 333SP. (Notons que le mur de présentation commence à avoir des faiblesses)

J'ai volontairement choisi de venir à quelques jours de la fin de cette exposition, mais je ne m'attendais pas à autant de changements de voitures par rapport au programme initial! En effet, plus de 250 Breadvan, de 250 GTO 64, de FXX. Mais mon essentielle était toujours là. Ouf!

A la place de la Breadvan, je trouve donc cette 250 GT SWB.

Et à la place de la GTO 64, cette 250 GT TDF de 1956.

La seconde 250 LM Stradale officialisée par l'usine, malgré qu'il s'agisse d'une conversion. (La première, seule et unique construite avec cette lunette arrière a été vue à la Villa d'Este cette même année).

Si la '64 n'est plus là, la 250 GTO 1962 de Brandon Wang est encore présente. Cette voiture est présente pratiquement chaque année à Sport & Collection, je ne me suis donc pas trop arrêté sur elle, malgré qu'elle reste un mythe!

A côté cette 599XX Evo, en version de présentation du Salon de Bologne. Elle préfigurait l'évolution pour le programme 599 XX avec un nouveau kit aéro (lame avant et aileron arrière) et quelques modifications mécaniques.

Mais celle qui m'a fait venir pourrait tout à fait être l'ancêtre de la XX. Voici donc l'une des six 288 GTO Evoluzione produites. #70205 est le 3ème et dernier exemplaire de la première série (il y a eu deux séries). Cet engin à l'allure bodybuldée est la version course de la 288 GTO, développée pour courir en Groupe B. Malheureusement les drames survenus en Rallye ont eu raison de la discipline, et les voitures n'ont jamais concouru. Sur les six exemplaires, trois sont au Royaume-Uni, une au Japon, une serait au Sultan de Bruneï et celle là appartient à Ferrari.

Ne sachant pas quand sera la prochaine rencontre, je me suis permis de prendre le maximum de photos, et surtout de vous les partager. La vue avec la F40LM au fond est juste incroyable à mes yeux. La parentée est flagrante entre ces deux machines de course.

La F40 LM, bien qu'assez rare est souvent vue à Sport & Collection. Donc pas une nouveauté pour moi. Pour la lignée parfaite, il ne manquait que la F50 GT, mais ramener un des 3 exemplaires existant ne doit pas être évident.

L'étage a été aménagé pour les cinq Supercars modernes de Ferrari. Cette partie méritait à elle seule une venue à Maranello.

Commençons avec la 288 GTO. (Là aussi, je profite de la rareté du modèle pour le détailler au maximum). Un lien est fait avec la formule 1 de l'époque. La GTO est associée à la F1 126 C de 1981.

La F40 est aussi apparentée à la F1 126 C car l'architecture est restée la même jusqu'en 1985. Même si la F1 a évolué (126CK, 126C1, 126C2 et 126C3).

La F50 renoue avec le V12, rappelant la F1 90. Le décalage est dû au temps de conception de la F50. Il n'était pas possible d'adapter la technologie de la F1 de 1995 sur la F50 dont la conception a pris plusieurs années.

La Enzo et la grande époque Schumacher accompagnée d'une F1 2002

Le rapport entre la course automobile et la série est présent grâce à des petites comparaisons de pièces. Ici les freins d'une 599GTB, d'une Enzo et d'une LaFerrari...

... Une boite de vitesses d'une Formule 1 et d'une GT...

... Enfin un volant de Enzo avec un volant de FXX et deux volants de F1 mais d'époque différente.

J'avais parlé des cinq Supercars. Après la 288 GTO, la F40, la F50 et la Enzo, voici la première pièce de la dernière partie du reportage: LaFerrari. Nous voici face à une maquette en clay (argile) présentant deux études différentes sur la même maquette. En effet, les deux côtés sont légèrement différents. On peut voir la méthode de travail. Le bloc de clay est d'abord usiné par une fraise, puis un lissage est réalisé manuellement. La clay a l'avantage de bien tenir dans le temps et de pouvoir être peinte.

Puis nous entrons dans la dernière salle du Museo (la salle des victoires était temporairement fermée). Une maquette (encore) est présentée sur un plateau tournant.

L'habitacle est quand à lui détaillé sur une autre maquette représentant uniquement le cockpit. Un siège était également visible à côté.

Voici la partie technique du moteur et de son système HY-Kers. Je ne pensais pas que Ferrari présenterai si bien tous ces éléments. C'est vraiment beau.

Partout sur les murs est présenté le travail réalisé, et aussi les personnages clés du projet F150.

Elaboration des maquettes de style.

Et toute la partie étude de style. Au cours des études, plusieurs idées sont travaillées pour au final prendre le meilleur de chacune et arriver à ce qui doit être la perfection Ferrari. On peut voir que sur les cinq projets finaux, deux sont signés Pininfarina, et trois du centre de style Ferrari Design.

Plusieurs études sont réalisées en maquette à l'échelle 1. Voici la "Manta". Elle propose déjà cet aileron suspendu à l'avant et un flan travaillé.

L'autre maquette se nomme "Tensostruttura" et propose deux côtés différents. On se rend compte que le côté droit est très proche de celui de LaFerrari finale.

A peine rentrés avec des étoiles plein les yeux, nous n'avons qu'une hâte: REVENIR!

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