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F40, Naissance d'un Mythe

L I V E
Bonnes adresses

Texte: Jacky FAVRE - Photos: Christelle SOMMEREISEN - Jacky FAVRE

Ayant décidé de ne pas aller aux Finali Mondiali au Mugello, la saison 2015 Forza Passione aurait dû s'arrêter à Rêves d'Enfants Malades. Mais c'était sans compter sur Yan Denes, qui nous invita à une conférence sur la naissance de la Ferrari F40, modèle qui me fascine depuis très longtemps puisqu'il est à l'origine même de ma passion pour cette Marque. La F40 je la connais assez bien, j'en ai vu un certain nombre et j'ai même roulé à plusieurs reprises à bord. Déjà en juin dernier, lors de Sport & Collection, j'ai pu rencontrer Leonardo Fioravanti, chef designer à l'époque chez Pininfarina. Cette fois c'est un ancien employé qui va nous raconter son passage chez Ferrari.

D'autres intervenants sont prévus, notamment Jean-Claude Biver, président de la division Horlogerie chez LVMH. Il est à l'origine du partenariat entre Hublot et Ferrari. Malheureusement suite à de nombreux voyages récents, il n'a pu venir nous présenter le rapprochement entre les deux firmes.

Mais avant tout, il est essentiel de vous parler de l'organisateur de cette conférence: l'AEDIL ou l'Association des Entrepreneurs et Dirigeants Italo-Luxembourgeois. Sa raison d'être est simple: "Notre association soutient l’Entrepreneuriat comme moteur de croissance et de prospérité économique par la valorisation de la Créativité, l’Innovation et le Savoir-Faire « à l’italienne » au Luxembourg". Elle est le lien à la fois économique, industriel mais surtout humain entre l'Italie et le Luxembourg. Tout comme son président Patrick Picco, les membres de cette association ont un lien très fort avec l'Italie, à commencer bien souvent par l'origine. Pour découvrir plus en détail les missions de l'AEDIL, je vous invite à parcourir son site internet.

Initialement prévue pour 40 personnes, la conférence devait se dérouler à la Concession Ferrari Francorchamps Motors, mais le succès a été tel que c'est finalement plus de 250 personnes qui ont souhaité être présents. Afin de répondre, partiellement, à cette demande, ce sont finalement les locaux d'Autopolis qui ont accueilli la soirée.

C'est Patrick Picco qui ouvre la conférence en présentant l'AEDIL, le programme et surtout, les partenaires de cette soirée:

Notre intervenant principal se nomme Luca Picco, et c'est devant un auditoire curieux qu'il nous raconte ses 11 années passées chez Ferrari. Son parcours n'est pas banal. Il est en effet une des rares personnes ayant participé au développement de la F40, à avoir côtoyé Enzo Ferrari, et surtout il était présent le jour où ce dernier a demandé que la F40 soit créée. En 1986, il est employé directement dans le département "essai" ce qui lui permet de collaborer avec des personnes comme Dario Benuzzi ou encore les pilotes de la Scuderia.

D'ailleurs, pour se présenter, il nous montre trois portraits: Dario Benuzzi, le célèbre pilote essayeur de la Ferrari. Stefano Domenicali (bien avant qu'il soit directeur de la Scuderia) et Enzo Ferrari. La seconde image montre deux photos, la première à l'embauche, la seconde, quasiment à la fin de sa carrière alors que Luca De Montezemolo lui remet les honneurs pour son travail. Vous constatez qu'il s'agit d'anciennes photos scannées, mise en vidéo et dont j'ai ensuite fait des photos. La qualité en est fortement altérée.

Luca nous précise très vite que son récit est fait d'anecdotes, qu'il n'est pas là pour nous lire la fiche technique de la F40 ni pour avoir la moindre chronologie de l'histoire. Si vous avez lu "Mes joies terribles" d'Enzo Ferrari, c'est un peu le même principe. Si Luca peut aujourd'hui nous raconter ses souvenirs, c'est avant tout car il a tenu dès son arrivée à Maranello un journal, sur lequel il écrivait chaque jour un commentaire sur son travail. Je ne vais pas commenter chacun des extraits qu'il nous a raconté, car lui seul en est à la hauteur. Voici une selection des plus mémorables.

Sa première rencontre avec Enzo Ferrari, alors qu'il travaillait sur un prototype de la Mondial à Fiorano. Plutôt impressionné par la prestance de Ferrari, il nous avoue ne pas en avoir mené large à ce moment là.

Luca raconte sa balade aux alentours de Maranello dans une 288 GTO Evoluzione conduite par Dario Benuzzi qui se font arrêter par les carabinieri ! C'est lorsque Enzo Ferrari a découvert, par hasard, cette GTO Evoluzione dans un atelier qu'il a dit: "C'est cette voiture que nous devons construire". Luca faisait partie des quelques hommes présents à ce moment là. Le développement de la F40 a alors démarré et la 348, présentée ce jour-là en interne, n'était alors plus celle qui célèbrerait les 40ans de Ferrari comme prévu initialement.

La présentation du premier prototype de la F40 à Fiorano. A ce moment là, le nom de code était F120, mais le nom commercial pressenti était 3000 Le Mans. Appellation qui sera mise en défaut à cause du droit d'utilisation de la célèbre piste de la Sarthe.

Il faut savoir que le développement a été très rapide. Pininfarina, alors designer attitré de la Marque, a eu 100 jours pour envelopper la structure et la mécanique d'une robe de carbone et de kevlar. Le premier proto a lui aussi été fait rapidement. Ses phares n'étaient pas encore fabriqués, ils ont été remplacés par des caches noirs. Les rétroviseurs, eux, étaient en bois!

Luca nous explique encore quelques anecdotes sur le développement, le revêtement ultra léger de l'habitacle pour gagner du poids, les essais dynamiques avec les premiers graphes de performance et bien plus tard, le dernier moteur de F40 produit.

Luca a également participé à la réalisation de la F40 de Gianni Agnelli qui ne pouvait conduire une voiture avec un embrayage. Celle-ci a été adaptée avec un embrayage automatique. Il poursuit avec les développements LM (on retrouve la fameuse appellation) chez Michelotto, l'intégration de Bridgestone chez Ferrari, et une des premières esquisses définitive de chez Pininfarina.

Les précédentes diapositives étaient divisées en deux sections qu'il juge essentielles dans ce travail: la créativité et l'innovation. La dernière valeur qu'il juge importante est le leadership. Et qui mieux que Enzo Ferrari peut symboliser cette notion ? Luca a évoqué précédemment sa première rencontre avec "El Commendatore", voici cette fois celle qui sera une des dernières. En février 1988, le 18 plus précisément, Enzo est arrivé dans l'usine à midi et a demandé d'arrêter le travail, de tout pousser et d'installer des tables. C'était son 90ème anniversaire. Il a invité toute l'usine à manger avec lui en expliquant que ce serait son dernier anniversaire. Il a remercié son personnel et leur a dit que c'était maintenant à eux de faire continuer la Ferrari. En cadeau, chacun a reçu une miniature de la F40 à son nom. Le 14 Aout 1988 l'Italie perdait un ambassadeur.

Il m'est impossible de vous faire ressentir l'émotion procurée par Luca Picco durant 1h30, mais toute la salle l'a unanimement applaudi. Nous avons appris beaucoup de choses, mais aucune ne se trouve dans un livre. Puis-je seulement espérer que Luca publie un jour son journal. S'il me lit...

Comme vous l'avez deviné, une F40 trône devant nous depuis le début. Il s'agit de celle de l'ancien président du Club Ferrari Luxembourg du début des années 90, qui l'a reçu grâce à l'aide de Piero Lardi! Une rare F40 encore première main et qui roule régulièrement.

Et pour finir, c'est Andrea Militello, designer Italio-Luxembourgeois du centre de style interne à Ferrari, venu en tant que spectateur à la conférence qui explique les liens entre le style et la conception d'une voiture aujourd'hui, mais aussi des produits dérivés, notamment les montres Hublot, dessinées en interne.

Voici donc cette F40 de 1992 qui affiche 64000km. Elle est entretenue avec soin.

Puis une autre, accompagnée d'une oeuvre de Yan Denes, qui exposait une très belle collection de toiles.

Une F50 prisonnière de ses barrières...

Et une inédite (pour nous) Enzo Nero Daytona, avec jantes carbone et sellerie Tan. Très belle!

Francorchamps Motors présentait également une 488 GTB bi-ton.

Un immense Merci à Luca Picco pour son récit, en partie résumé, qu'il a dédicacé à pratiquement tout le monde.

Pour un passionné comme moi de Ferrari et de la F40 en particulier, cette soirée a dépassé toutes mes attentes. Parmi les surprises était attendu Dario Benuzzi en personne. Malheureusement il a dû rester au chevet de sa maman malade. Cela n'enlève rien à la qualité de cette soirée qui nous a été offerte.

Encore une fois, un grand merci à Patrick Picco et à l'AEDIL, à Yan Denes, à Luca Picco évidemment et tous les partenaires: Ferrari, Francorchamps Motors, Hublot, Autopolis, Maison Moderne, le Ferrari Club Luxembourg, Steffen Traiteur qui nous a régalé et tous les autres sponsors.

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