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Décembre 2012, Le deuxième voyage

L I V E
Bonnes adresses

Texte: Jacky FAVRE - Photos: Christelle SOMMEREISEN - Jacky FAVRE

10 ans. C'est le temps qu'il m'aura fallu patienter pour retourner sur les terres d'Enzo. 10 ans, c'est long. Mais avec les différents voyages que je fais chaque année, le temps et le budget font que des choix sont nécessaires. Je savais que le jour où je redescendrai à Maranello serait l'occasion de tout faire en détail. Et pourtant! Ce voyage, décidé précipitamment, s'est organisé après la levée de rideau sur une exposition plus qu'intéressante à la Galleria Ferrari, pardon, au Museo Ferrari. Car oui, en 10 ans beaucoup de choses ont changé dans ce petit village d'Emilie Romagne: l'usine, le musée, le tourisme, presque tout en fait, mais j'y reviendrai plus tard. Cette exposition a lieu du 26 Octobre 2012 au 7 Janvier 2013 et rend hommage à la collaboration de Pininfarina et Ferrari. Après réflexion, le voyage se fera sur deux jours, juste avant les congés de Noël: les 20 et 21 décembre. Je consulte les habitués des lieux pour choisir un hôtel agréable et à prix correct. Ce sera le nouveau Maranello Village. C'est pratiquement la seule chose de prévue avant le départ. En effet, pour ne pas me contraindre, je ne prévois que la visite du Museo Ferrari à Maranello et le nouveau Museo Casa Enzo Ferrari à Modena. Le reste sera au feeling, selon la météo car en plein mois de décembre, on peut s'attendre à tout. Si comme moi, vous ne connaissez pas encore les bons endroits, les bonnes adresses, qu'il s'agisse de dormir, manger, voir des Ferrari et tout ce qui va avec, un seul guide à votre disposition, fait par un passionné pour les passionnés: Le guide ultime du passionné à Maranello par Arthomobiles.fr

Jeudi 20 décembre 02H00 du matin. On part pile à l'heure prévue. Ce qui devrait nous laisser un peu de marge pour être sur place avant l'ouverture du Musée à 9h30. Avec mon nouveau GPS j'espère ne plus subir de pertes de temps comme avec l'ancien. Première surprise: à peine arrivé à Bâle, le voilà (avec le trafic info) qui me propose d'éviter le tunnel du Gothard. N'importe quoi, je décide de l'ignorer. Quelques kilomètres plus loin, les panneaux lumineux de l'autoroute annoncent que le Gothard est fermé. OK, on va donc faire un détour de 80km! Je franchis des routes qui ont l'air vraiment sympathiques de jour, quand on les connait et que la météo est clémente. Malheureusement, c'est la première fois que je les emprunte, il fait nuit et la température descendra à -15° ce qui, malgré ma prudence, me vaudra une petite glissade. Seul avertissement nécessaire à réduire encore la cadence. Nous arrivons dans la région de Milan, le jour se lève, le brouillard tombe. Dommage, ce n'est pas encore là qu'on va rouler, non pas vite, mais à vitesse normale. On arrive à Modena en pleine heure de pointe, je roule sur la réserve depuis quelques dizaines de kilomètres déjà, il est temps de donner à boire à la petite Lionne. Il est 9h20 quand je coupe enfin le moteur sur le parking du Museo Ferrari à Maranello.

A peine sorti de la voiture, j'entends déjà un V8 vrombir, je tourne la tête et là je découvre ébahi le mulet de la future version sport de la Ferrari 458, dénommée par certain comme "458 Monte Carlo". Je n'ai même pas le temps de penser à sortir l'appareil qu'elle est déjà loin. Nous ne la reverrons pas durant les deux jours, mais ce fut un bel accueil! Il est temps d'attaquer la visite car nous ne sommes pas les seuls sur place et je ne voudrais pas qu'il y ait trop de monde pour les photos. J'ai volontairement choisi de diviser mon voyage en plusieurs reportages, de façon à ne pas avoir un seul article trop long. Je vais donc commencer pour vous présenter le Museo, mais pas l'exposition principale. Il y a déjà de quoi faire! On commence par l'extérieur, qui malgré une petite rénovation par rapport à 2002 est un peu vieillissant. Surtout les deux maquettes en bois exposées.

Je vous passe les détails sur la boutique à l'entrée et la cafétéria. Commençons par ces monoplaces:
166 F2 de 1951; 500 F2 de 1951; F1 312 T4 de 1979; F1 89 de 1989 et F2011 de 2011

La compétition aura toujours une importance pour Ferrari, même si le musée ne lui concède que peu d'espace. En plus des monoplaces, on trouve un stand de GP, une collection de moteurs et l'évolution de la Formule 1 en miniature. Dans la salle d'après, on entre face à Enzo, dans un bureau reconstruit à l'identique du sien.

La grande salle ronde sert souvent d'exposition temporaire, en ce moment nous avons 8 F1, toutes championnes du monde. Le collection de trophées est impressionnante.

Alors qu'en dessous se trouve un hommage à tous les pilotes champions du monde au volant d'une Ferrari.

Le sigle des modèles Ferrari a toujours évolué, tout comme l'appellation elle-même. C'est original de présenter une grande partie d'entre eux comme cela:

La décoration de la salle de l'étage reprend des maquettes aérodynamiques ou de style de différents modèles sur un fond éclairé. C'est beau à voir, mais contre-jour assuré pour les prises de vue.

La passerelle qui mène à la dernière pièce présente d'autres maquettes de soufflerie, de plus grande échelle cette fois. On peut voir que les détails sont bien représentés et que la possibilité de modification et/ou de réglage est minutieuse. On a une 458 Italia puis une 599XX Evo.

De l'autre côté de la passerelle se trouve en ce moment une exposition sur Gilles Villeneuve qui nous a quitté il y a maintenant 30 ans. Des anecdotes, des photos, son casque, des effets personnels et bien sûr des Ferrari. Il y a la Formula Indy de 1986 à laquelle Villeneuve a contribué au développement. Une 126 CK de 1981 avec laquelle il a gagné Monte Carlo et le GP d'Espagne. Et enfin, la plus ancienne, une 308 GTS avec laquelle il a décroché le record de vitesse pour ralier Monte Carlo à Maranello en seulement 2h25 pour parcourir les 432 km. Et si ce record n'a jamais été battu depuis, il n'y a que peu de chance pour que cela arrive compte tenu de la politique de sécurité routière actuelle.

Voilà pour la Galleria, le principal étant à venir. Il est midi passé et je décide d'aller manger au mythique Ristorante Il Cavallino. Sur la route je découvre les nouveaux bâtiments de la Scuderia, puis nous arrivons devant l'entrée historique de l'usine Ferrari. Le restaurant est juste en face.

Après le repas, je me dirige vers le circuit de Fiorano. Il est bientôt 14h00 et je me dit qu'il pourrait y avoir des roulages. Sur le chemin, je passe devant un autre hommage à Gilles Villeneuve, permanent cette fois, une stèle à l'entrée de la rue qui porte son nom. Je continue jusqu'à l'entrée pour avoir confirmation que d'ici, on ne voit rien!

Demi-tour et direction un point de vue reconnu pour être "dégagé", c'est à dire qui permet de voir la piste. A peine arrivé, j'entends un moteur démarrer. Décidément, cette journée est vraiment une réussite. Apparaît alors une 458 Challenge jaune, encore avec ses protections. Les grillages s'apparentant plutôt à des grilles épaisses, les photos restent compliquées. Certaines présentent des "bandes" verticales plus foncé, c'est l'effet causé par les grilles. Cela n'empêche pas quelques beaux résultats.

Dernier point de vue, juste en face de la courbe.

Il est temps de revenir sur nos pas et de nous diriger vers l'usine pour voir les véhicules sortis de ligne partir en essai. Chaque voiture part pour un essai d'environ une heure. Et bien que cela semble improbable, nous croisons une autre 458 Challenge, sur la route! Puis une première F12 qui rentre. Deux FF passent, mais la deuxième m'interpelle à cause de sa plaque d'immatriculation de présentation "FF". Après vérification, la configuration est celle du véhicule présenté à Paris et qui inaugurait le nouveau toit vitré. Je pense qu'il s'agit de la même voiture et que les essais ne sont pas encore finalisés.

En faisant le tour de l'usine, on remarque que soit le nom, soit l'emblème de Ferrari est bien visible. Même si la photo est ratée, je tenais à vous montrer une 458 Spider revenant de son essai car sa configuration n'est pas banale: carrosserie noire mat et intérieur jaune. Et nous arrivons enfin sur le rond point sur lequel trône cette statue en métal représentant le Cavallino Rampante. D'un avis totalement personnel, je trouve cette sculpture plutôt disgracieuse.

Bien que cela ne soit pas vraiment recommandé, si ce n'est par les spotters, être sur le rond point garantit de voir passer une Ferrari au moins tous les quarts d'heure. Toutes les entrées et toutes les sorties sont utilisées car les essayeurs n'empruntent pas toujours le même parcours. C'est aussi un passage obligé pour les camions de la Carrosserie Zanassi qui récupère des véhicules non conformes, nécessitant une retouche dans leurs ateliers. Nous avons également vue sur une partie des bâtiments de l'usine, notamment les bancs d'essais moteurs, reconnaissables aux cheminées sur le toit. Nous sommes en ville, sur un rond point, mais cela ne retient guère les essayeurs, et certains n'hésitent pas à passer à des vitesses élevées. Nous avons également aperçu quelques nouvelles versions de Maserati Quattroporte.

Après un bon moment passé sur le rond point, nous décidons d'aller du côté de l'entrée principale de l'usine. Lorsqu'un bruit m'interpelle. J'ai du mal à réaliser, le temps de dégainer je fais une photo nickel, mais la voiture est masquée par la rambarde de sécurité! Cela donne une idée de la hauteur de la bête!! Je cours, pour revenir au rond point, heureusement, à cette heure il y a du trafic et celle que je n'espérais même pas cède le passage. Le temps de pose est réduit mais suffisant pour vous présenter la F150, communément appelé F70: la remplaçante de la Ferrari Enzo.

Malheureusement, elle a pris la première sortie, alors que je commençais à faire le tour du rond point, pensant qu'elle rentrait à l'usine. Je ne la reverrai plus, mais son bruit aura résonné un moment. Les deux mulets qui tournent en ce moment à Maranello me sont passés devant dans la même journée. C'est une belle récompense pour s'être levé à 1h du matin et fait 700km. Mais la nuit tombe et je voudrais encore faire l'entrée de l'usine. Voici une 458 qui va faire une demi douzaine de tours de rond point. Le métier certe agréable d'essayeur ne doit pas être évident pour autant.

Nous voilà donc devant l'entrée principale, située à côté de la soufflerie.

Retour à la voiture pour rentrer à l'hôtel. Encore des convois bizarres comme cette demi voiture, avec un V8 à côté. Passage obligé au Ferraristore même si, et c'est remarquable pour ma part, je n'ai rien acheté.

Je ne vais pas vous détailler l'hôtel, mais sachez qu'il est neuf, bien placé, tout confort, la réception est ouverte 24/24 et parle Français, Anglais... Les chambres sont spacieuses et calmes. Pour avoir une idée, la nôtre est celle de la brochure. Payée 88€ la nuit pour 2, petits-déjeuners et taxe de séjour inclus. La décoration est totalement orientée Ferrari afin de ne pas changer d'ambiance. Le restaurant est excellent. Je vous conseille le filet de boeuf pour 2 personnes.

Vendredi. Réveil à 7H00. Généralement, lors des voyages automobiles, on se lève bien plus tôt, mais le programme du jour nous offre cette grasse matinée, à peine suffisante. Nous prenons la direction de Modena pour visiter le nouveau Museo Casa Enzo Ferrari. Celui-ci présente une architecture bien spécifique. Car après avoir reconstruit à l'identique la maison natale du Commendatore, c'est un immense bâtiment au toit jaune, reprenant la forme d'un capot qui complète ce musée, où des expos temporaires risquent de nous faire déplacer régulièrement. Je reviendrai sur l'expo elle-même dans un autre reportage. Pour l'instant, présentation des lieux.

Le mélange entre ancien et moderne peut ne pas plaire à tous, mais le résultat est pourtant agréable. Reste à voir comment ce jaune va vieillir.

En sortant du musée, nous avons encore du temps devant nous. Je décide de tirer jusqu'à Sant'Agata Bolognese, fief de Lamborghini, en passant par San Cesario sul Panaro, chez Pagani. Mais en quittant Modena, je reconnais l'endroit où se trouve la Carrozeria Scaglietti, où sont assemblées les carrosseries. Je décide évidemment de marquer l'arrêt. Les châssis en aluminium extrudé soudé sont livrés et stockés à l'extérieur, avant de recevoir les feuilles d'aluminium qui constitueront la carrosserie.

La visite se poursuivra chez Pagani, mais nous ne verrons pratiquement rien depuis l'extérieur. Chez Lamborghini, nous avons visité le musée, mais là encore, ce sera une autre page, la dernière pour cet aller-retour express en Italie. Comment conclure cet article autrement qu'en vous disant que ma satisfaction a dépassé toutes mes attentes. Et même si les photos ne rendent pas toujours justice à la réalité, quand on est là-bas, en tant que passionné, on ne peut pas être déçu. Evidemment, un grand merci à Nicolas pour ses conseils et son guide.

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